Les résultats

Rappelez-vous : cet été 2018, un questionnaire anonyme a été lancé sur internet sur le recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP) pour permettre aux personnes concernées de partager leur expérience.

Grâce à vous, à vos proches et à tous les répondants, nous confirmons qu’il est possible de mener une enquête par internet directement auprès des personnes résidant en France qui recourent à une AMP à l’étranger. Cela n’avait jamais été fait et a été d’une grande richesse. Vous êtes 419 à avoir répondu à cette première enquête! Il y a eu plus de participants que nous l’espérions ! Merci !

Une première étape a été franchie : les réponses révèlent déjà la diversité des profils et des parcours des personnes qui recourent à une AMP à l’étranger. C’est un résultat essentiel pour construire une prochaine enquête, plus large, qui recueillera davantage de profils et de parcours et qui permettra d’apporter pour la première fois en France une estimation chiffrée de cette réalité.  

Nous vous donnons ci-dessous les chiffres basés sur Cap AMP mais attention, il s’agit uniquement des premiers résultats préliminaires à confirmer. Travailler sur les réponses d’une enquête prend du temps et demande plusieurs mois de travail !

Qui a répondu à l’enquête ?

Les répondants étaient principalement des femmes (93%).Très peu d’hommes ont en effet répondu au questionnaire en ligne (7%), qu’ils soient en couple avec une femme, avec un homme ou seul.

Les répondants avaient entre 22 et 61 ans, la moitié d’entre eux ayant entre 30 et 39 ans (56%). Toutes les régions de France métropolitaine ont été représentées dans l’étude. Mais, malgré nos efforts, nous n’avons pas réussi à mobiliser les DOM-TOM (moins de 1%).

Presque toutes les situations conjugales ont également été représentées : des couples hétérosexuels (39%), des couples de femmes (36%), des femmes seules (18%), et des couples d’hommes (6%).

Tableau 1. Pourquoi ont-ils répondu à l’enquête ?

A fait une AMP à l’étranger 63%
Envisage de faire une AMP à l’étranger 20%
Autres personnes concernées 17%

63% des répondants ont réalisé une AMP à l’étranger, 20% ne l’ont pas encore fait mais l’envisagent. Parmi ces répondants qui ont réalisé ou envisagent de réaliser une AMP à l’étranger, 24% ont déjà réalisé une ou plusieurs AMP en France.

Certaines personnes ayant participé à l’enquête ne sont pas parties à l’étranger, et n’envisageaient pas de le faire, mais elles se sentaient concernés par l’enquête parce qu’elles étaient elles-mêmes dans un parcours d’AMP ou parce qu’elles connaissaient des personnes concernées par l’AMP à l’étranger. Certains répondants résidaient également à l’étranger et avaient donc fait une AMP dans un autre pays que la France.

Quelles sont les techniques les plus utilisées ?

Tableau 2. Techniques réalisées ou envisagées à l’étranger

Insémination artificielle (IA) 38%
Fécondation in vitro (FIV) 41%
Diagnostic préimplantatoire (DPI) 8%
Vitrification ovocytaire (VO) 7%
Gestation pour autrui (GPA) 6%

Le plus souvent, les répondants qui ont fait ou envisagent une AMP à l’étranger le font pour une insémination (IA) ou une fécondation in vitro (FIV). Les autres méthodes sont également présentes mais de manière beaucoup moins fréquente : gestation pour autrui (GPA), dépistage préimplantatoire (DPI), vitrification ovocytaire (VO).

Parmi les personnes n’ayant pas fait d’AMP à l’étranger et n’envisageant pas d’en faire, certaines des répondantes ont eu recours à une insémination artisanale (n=37), dont 15 avec du sperme provenant de l’étranger.

Tableau 3. AMP réalisée à l’étranger avec don de gamètes

Don de sperme 56%
Don d’ovocytes 34%
Double don (sperme + ovocytes) 7%
Accueil d’embryon 3%

Les répondants qui ont réalisé une AMP à l’étranger ont eu souvent recours à un don de gamètes, notamment à un don de sperme (56%) ou un don d’ovocytes (34%).

Pourquoi aller à l’étranger ?

Tableau 4. Pays de destination (où l’AMP a été réalisée ou est envisagée)

Espagne 45%
Belgique 27%
Etats-Unis et Canada 11%
République Tchèque 7%
Danemark 4%
Autres (Grèce, Pays-Bas, Royaume-Uni, etc.) 6%

Les répondants sont allés, ou envisagent d’aller, le plus souvent en Espagne (45%) ou en Belgique (27%).

Tableau 5. Raisons de l’AMP à l’étranger (plusieurs réponses étaient possibles)

AMP non autorisée en France* 60%
Délais d’attente trop long en France 15%
Souhait d’un don de gamètes non- anonyme 8%
Qualité des soins moins bonne en France 6 %
Plus de remboursement par l’assurance maladie en France* 5 %
Autres 5%

*En France, l’AMP est réservée aux couples hétérosexuels, en âge reproductif, avec une infertilité avérée (pour lesquels la prise en charge médicale est remboursée par l’assurance maladie à hauteur de 5 IA et 4 FIV à condition que la femme ait moins de 43 ans). Par ailleurs, certaines techniques et pratiques sont interdites, comme la GPA ou le double don.

Les répondants qui sont partis ou envisagent de partir pour une AMP à l’étranger le font le plus souvent en raisons de contraintes légales, mais dans environ un cas sur 5 les personnes mentionnent aussi des difficultés dans la prise en charge en France (délais d’attente trop longs, qualité des soins jugée moins bonne).

Un point important qui ressort de toutes ces réponses est que les recours à l’AMP à l’étranger concernent des personnes ayant des caractéristiques, une histoire et des raisons diverses et variées. Cela nous permet de mettre en évidence que pour comprendre le phénomène d’AMP à l’étranger, il faut envisager une approche très large pour capter la diversité des personnes concernées en France.

Encore Merci !

L’équipe AMP sans frontière (qui remercie tout particulièrement Louise pour son travail et son dynamisme)